En analyse, étudier les variations d’une fonction commence souvent par une question simple : comment évolue-t-elle entre deux points ? Le taux d’accroissement y répond en mesurant la variation moyenne sur un intervalle donné. Cette notion, centrale en terminale, vous prépare à la dérivée et à l’étude fine des fonctions.
Qu’est-ce que le taux d’accroissement ? Définition et formules
Pour une fonction f, le taux d’accroissement exprime le rapport entre la variation des images et la variation de la variable. Vous disposez de deux écritures équivalentes, à utiliser selon le contexte.
La première utilise deux points distincts a et b :
\[ \frac{f(b)-f(a)}{b-a} \]
La seconde fixe un point de départ a et introduit un écart h (non nul) :
\[ \frac{f(a+h)-f(a)}{h} \]
Dans les deux cas, il s’agit d’une différence d’ordonnées divisée par une différence d’abscisses. Graphiquement, le résultat est le coefficient directeur de la droite sécante reliant les deux points de la courbe.
Le lien avec le nombre dérivé est alors immédiat : si vous faites tendre h vers 0 dans la seconde écriture, vous obtenez la limite du taux d’accroissement, c’est-à-dire la dérivée de f en a. La sécante devient tangente.
| Formule | Quand l’utiliser ? | Signification |
|---|---|---|
| \( \dfrac{f(b)-f(a)}{b-a} \) | Pour un calcul direct entre deux points distincts a et b | Variation moyenne sur l’intervalle [a, b] |
| \( \dfrac{f(a+h)-f(a)}{h} \) | Pour exprimer le taux autour de a avec un écart h, en vue du passage à la limite | Pente de la sécante pour un petit écart, prépare la notion de dérivée |
Comment calculer un taux d’accroissement : méthode et exemples
Passer de la formule au calcul concret est souvent l’étape qui pose problème. Pourtant, la méthode est toujours la même : vous choisissez les points ou l’écart, vous remplacez dans l’expression, vous simplifiez et vous interprétez. Voici deux exemples pour prendre confiance.
Exemple pas à pas avec la fonction carrée f(x)=x²
Prenons f(x)=x² et calculons le taux d’accroissement d’abord entre 1 et 3, puis autour de 1 avec un écart de 0,5.

Avec la formule \( \frac{f(b)-f(a)}{b-a} \) entre a=1 et b=3
- Identifiez les valeurs : a=1, b=3.
- Calculez les images : f(1) = 1² = 1 et f(3) = 3² = 9.
- Substituez dans la formule : \( \frac{9-1}{3-1} \).
- Simplifiez : \( \frac{8}{2} = 4 \).
Le taux d’accroissement entre 1 et 3 est donc 4. Graphiquement, cela signifie que la droite sécante reliant les points (1,1) et (3,9) a une pente de 4. La fonction croît en moyenne de 4 unités en ordonnée pour 1 unité en abscisse sur cet intervalle.
Avec la formule \( \frac{f(a+h)-f(a)}{h} \) autour de a=1, pour h=0,5
- Ici a=1 et h=0,5.
- Calculez f(1) = 1 et f(1+0,5) = f(1,5) = 2,25.
- Substituez : \( \frac{2,25-1}{0,5} \).
- Simplifiez : \( \frac{1,25}{0,5} = 2,5 \).
Vous obtenez un taux d’accroissement de 2,5. La sécante est moins pentue que précédemment, ce qui est logique : l’écart étant plus petit, la pente moyenne se rapproche de la pente de la tangente en a=1 (qui sera 2, une fois h tendu vers 0).
Ces deux calculs illustrent bien l’idée : la première formule donne une variation moyenne sur un intervalle étendu ; la seconde permet d’approcher la dérivée en réduisant progressivement h.
Exemple avec une fonction trigonométrique : f(x)=sin(x)
Pour montrer que le taux d’accroissement ne se limite pas aux polynômes, calculons-le avec la fonction sinus entre a=π/2 et b=π.

- On a f(x)=sin(x), avec a=π/2 et b=π.
- f(π/2) = sin(π/2) = 1 et f(π) = sin(π) = 0.
- Appliquez la formule : \( \frac{0-1}{\pi-\pi/2} \).
- Le dénominateur vaut π/2, donc le taux est \( \frac{-1}{\pi/2} = -\frac{2}{\pi} \approx -0,637 \).
Le résultat est négatif, ce qui traduit la décroissance de la fonction sinus entre π/2 et π. Contrairement à une fonction affine, le taux d’accroissement dépend de l’intervalle choisi : entre 0 et π/2, il aurait été positif. Ce constat prépare directement l’étude de la dérivée de sin(x), qui permettra de connaître la pente instantanée en chaque point.
Pièges et erreurs à éviter avec le taux d’accroissement
Même avec une formule simple, certaines confusions reviennent régulièrement. Les repérer maintenant vous évitera des erreurs dans les exercices et au bac.
Erreurs de calcul classiques
- Confondre taux d’accroissement et nombre dérivé. Le taux d’accroissement reste une variation moyenne sur un intervalle, alors que le nombre dérivé est une variation instantanée (obtenue après le passage à la limite). Ne pas confondre les deux évite de donner la pente de la tangente là où on demandait seulement une pente moyenne.
- Se tromper dans le développement de f(a+h). Avec f(x)=x², remplacer a+h dans l’expression donne (a+h)² = a² + 2ah + h². Oublier le double produit 2ah fausse tout le calcul. Prenez le temps de développer correctement avant de simplifier.
- Oublier que le dénominateur ne peut pas être nul. Les formules imposent b≠a et h≠0. Si vous annulez le dénominateur, le calcul n’a plus aucun sens mathématique.
Attention à la confusion avec le taux d’accroissement naturel
En dehors des maths, vous rencontrerez l’expression taux d’accroissement naturel en géographie ou en démographie. Il s’agit alors de la différence entre le taux de natalité et le taux de mortalité d’une population. Ce concept n’a strictement aucun lien avec l’analyse des fonctions. Le contexte — un exercice de maths contre un cours de SES — permet toujours de faire la distinction. Dans tout ce qui suit, nous parlons exclusivement du sens mathématique du terme.
Vos questions fréquentes sur le taux d’accroissement en analyse

Que signifie taux d’accroissement ?
Le taux d’accroissement mesure la variation moyenne d’une fonction entre deux points. Il correspond à la pente de la droite sécante reliant ces points. Mathématiquement, il s’écrit (f(b)-f(a))/(b-a) ou (f(a+h)-f(a))/h. En analyse, il prépare la notion de dérivée en étudiant la variation locale.
Comment calculer un taux d’accroissement ?
Pour calculer un taux d’accroissement, choisissez deux points distincts a et b, puis appliquez la formule (f(b)-f(a))/(b-a). Calculez f(b) et f(a), faites la différence au numérateur, puis divisez par (b-a). Si vous utilisez un écart h, la formule devient (f(a+h)-f(a))/h. Simplifiez l’expression si possible.
Quelle est la différence entre taux d’accroissement et nombre dérivé ?
Le taux d’accroissement donne une variation moyenne sur un intervalle. Le nombre dérivé est la limite de ce taux lorsque l’intervalle tend vers zéro. Il représente la variation instantanée en un point. Ainsi, le taux d’accroissement est une pente de sécante, tandis que le nombre dérivé est la pente de la tangente.
Qu’est-ce que le taux d’accroissement limite ?
Le taux d’accroissement limite est la valeur vers laquelle tend le taux d’accroissement lorsque l’écart h tend vers 0. Il correspond au nombre dérivé de la fonction en ce point. Ce concept est fondamental pour définir la dérivée et étudier la pente instantanée d’une courbe.
Comment utiliser le taux d’accroissement pour étudier les variations d’une fonction ?
Le taux d’accroissement indique si une fonction croît ou décroît en moyenne sur un intervalle. Un taux positif signifie une croissance, un taux négatif une décroissance. En étudiant sa limite (dérivée), on peut déterminer les variations locales. Il sert donc d’outil intermédiaire avant l’analyse fine via la dérivée.
Taux d’accroissement naturel : de quoi s’agit-il ?
Le taux d’accroissement naturel est un concept démographique qui mesure la différence entre le taux de natalité et le taux de mortalité d’une population. Il n’a aucun lien avec l’analyse mathématique. La confusion est fréquente, mais le contexte (maths vs géographie) lève toute ambiguïté.
Peut-on calculer le taux d’accroissement d’une fonction sinus ?
Oui, on peut calculer le taux d’accroissement d’une fonction sinus entre deux points quelconques. Par exemple, entre π/2 et π, on obtient (sin(π)−sin(π/2))/(π−π/2) = (0−1)/(π/2) = −2/π. Ce taux moyen est négatif, reflétant la décroissance de sin sur cet intervalle.
